L’administration de médicaments pendant la grossesse et l’allaitement est fréquente. En France, plus de 90% des femmes prennent au moins un médicament pendant la grossesse (1).

Or, de nombreux médicaments traversent la barrière hémato-placentaire, atteignent l’organisme de l’enfant pendant la grossesse, et peuvent potentiellement être toxiques. Le même phénomène se produit chez la femme qui allaite son enfant, par passage des médicaments qu’elle reçoit dans le lait. Par ailleurs, les modifications physiologiques peuvent entraîner des modifications de la pharmacocinétique des médicaments (absorption, distribution, métabolisation et élimination) durant la grossesse (2). Cependant, les données sur l’efficacité et la tolérance des médicaments prescrits pendant la grossesse et l’allaitement sont rares. La prescription chez ces patientes est donc complexe, par la limite des informations retrouvées dans le résumé des caractéristiques du produit (3). Pourtant, elle peut être indispensable.

L’outil grossesse et allaitement de GPR a été développé afin d’accompagner le prescripteur dans le bon usage clinique du médicament durant ces périodes. Les données présentées sont basées sur des recherches effectuées dans la littérature scientifique internationale, médicale et pharmacologique. Elles se présentent sous la forme :

OUI le médicament peut être administré :

  • Médicaments présentant un bon niveau de sécurité (aucun effet délétère démontré malgré une utilisation à large échelle sur plusieurs années) et des indications solidement établies et bien documentées.
  • Médicaments avec un niveau de sécurité plus modeste (peu d’informations ou effets délétères identifiés) mais un bénéfice thérapeutique important justifiant la prescription.

NON le médicament ne peut être administré :

  • Médicaments dont l’administration est associée à un risque clairement établi (tératogène, embryo- ou foetotoxique démontré) et n’ayant pas d’indication critique ou possédant des alternatives thérapeutiques avec un meilleur niveau de sécurité et d’efficacité.
  • Médicaments dont les effets délétères sont peu importants, voire controversés mais pour lesquels l’effet thérapeutique attendu est faible ou peut être obtenu par un autre médicament présentant un meilleur niveau de sécurité et d’efficacité.

Dans tous les cas, la prescription devra être évaluée au cas par cas, selon la balance bénéfice /risque.

Références bibliographiques :

(1) Daw JR, Hanley GE, Greyson DL, Morgan SG. Prescription drug use during pregnancy in developed countries: a systematic review. Pharmacoepidemiol Drug Saf. 2011;20(9):895-902.

(2) Ansari J, Carvalho B, Shafer SL, Flood P. Pharmacokinetics and Pharmacodynamics of Drugs Commonly Used in Pregnancy and Parturition. Anesth Analg. 2016;122(3):786-804.

(3) Csajka C, Jaquet A, Winterfeld U, Meyer Y, Einarson A, Panchaud A. Risk perception by healthcare professionals related to drug use during pregnancy: a Swiss survey. Swiss Med Wkly. 2014 144:w13936.

 

 

 

 

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Mise à jour 27/09/2018

 

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