La maladie rénale chronique (MRC) est une pathologie fréquente.

D’après l’étude française Mona Lisa publiée en 2012, la prévalence de la maladie rénale chronique définie par un débit de filtration glomérulaire (DFG) inférieur à 60 ml/min/1,73 m² était estimée à 8,2% dans une population âgée de 35 à 74,9 ans. Cependant, la population sélectionnée étant jeune et aucun patient insuffisant rénal sévère et terminal n’ayant participé à l’enquête, il est probable que la prévalence de l’IRC en France soit plus importante (1). En effet, dans une autre étude française, l’étude des 3 Cités réalisée chez plus de 9000 patients, 13,7% des patients avaient un DFG inférieur à 60 ml/min/1,73m². Cependant, cette étude a été réalisée chez des sujets âgés de 65 ans ou plus, donc la prévalence dans la population générale est probablement inférieure (2). A plus grande échelle, aux Etats-Unis, l’étude NHANES a montré que 13% de la population américaine présentait une maladie rénale de stade 1 à 4. Ainsi, 26 millions d’américains ont une maladie rénale, avec une augmentation du nombre de cas de 30% en 15 ans (3). Une simulation sur la base de ces résultats a estimé que plus d’un américain sur deux âgé de 30 à 64 ans en 2015 développerait au cours de sa vie une maladie rénale chronique (4).

Les patients atteints de MRC sont par ailleurs à haut risque cardio-vasculaire. En effet, 40% des décès chez les patients MRC sont liés à une cause cardio-vasculaire. Chez les patients en insuffisance rénale terminale, dialysés ou greffés, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité (5). Dans la population des dialysés, les arrêts cardiaques représentent 60% des décès (6). Chez ces patients, il existe un risque élevé d’arythmie ventriculaire.

De plus, la prévalence de la MRC parmi les patients présentant une insuffisance cardiaque est fréquente. En effet, une analyse de 16 études combinées a révélé que parmi une cohorte de 80 098 patients insuffisants cardiaques, 29% présentaient un DFG<60 ml/min/1.73m² et que 63% présentaient une MRC. Cependant dans cette étude, les définitions de la MRC et les formules d’estimations de la fonction rénale pouvaient varier. Par ailleurs, les patients présentant une coronaropathie sont particulièrement exposés à une MRC avec une prévalence allant de 24,8% à 35.8% selon les études (7,8). Enfin, la prévalence de la MRC chez les patients présentant une fibrillation atriale non valvulaire est importante puisque l’on estime que 54,1% de ces patients ont un DFG inférieur à 60 ml/min/1,73 m². (9).

Références :

(1) Bongard V, Dallongeville J, Arveiler D, Ruidavets JB, Cottel D, Wagner A, Ferrières J. [Assessment and characteristics of chronic renal insufficiency in France]. Ann Cardiol Angeiol (Paris). 2012; 61(4):239-44.

(2) Breton G, Froissart M, Janus N, Launay-Vacher V, Berr C, Tzourio C, Helmer C, Stengel B. Inappropriate drug use and mortality in community-dwelling elderly with impaired kidney function–the Three-City population-based study. Nephrol Dial Transplant. 2011;26(9):2852-9.

(3) Coresh J, Selvin E, Stevens LA, Manzi J, Kusek JW, Eggers P, Van Lente F, Levey AS. Prevalence of chronic kidney disease in the United States. JAMA. 2007 Nov 7;298(17):2038-47.

(4) Hoerger TJ, Simpson SA, Yarnoff BO, Pavkov ME, Ríos Burrows N, Saydah SH, Williams DE, Zhuo X. The future burden of CKD in the United States: a simulation model for the CDC CKD Initiative. Am J Kidney Dis. 2015;65(3):403-11.

(5) Registre REIN 2013.

(6) Franczyk-Skóra B, Gluba A, Banach M, Kozłowski D, Małyszko J, Rysz J. Prevention of sudden cardiac death in patients with chronic kidney disease. BMC Nephrol 2012;13:162.

 

Mise à jour 16/01/2017

 

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